BETZ à travers l’histoire

Les origines de BETZ

La commune de Betz est constituée aujourd’hui, outre le bourg, de l’ancienne commune de Macquelines, indépendante de 1789 à 1825, et des écarts du Bois-Milon et du Valois. Le sol du territoire actuel de Betz et de ses environs immédiats a délivré au fil des temps des indices, tels des haches de silex et des pointes de flèches, témoignant d’une présence humaine il y a plusieurs millions d’années. Betissæ, Bet, Beth, Bes, Bez, Bais, Bets, Betz, sont les dénominations successives relevées par Louis Graves dans son précis statistique sur le Canton de Betz. L’origine du nom de Betz reste incertaine. D’aucuns l’imaginent germanique, et l’expliquent par la présence d’un ruisseau qui en allemand se dit bach. Cette hypothèse pourrait d’ailleurs s’accommoder d’une origine plus ancienne, c’est-à-dire gauloise, puisque le mot bief, bié désignait le lit d’un cours d’eau ce qui a donné dans certains dialectes les noms : Bey, Bez et Biez. Carlier dans son Histoire du duché de Valois, affirme quant à lui, que Betz et Béthisy ont la même étymologie de betiziacum, lieu de pâturage.

 

Le découpage de l’époque en nombreux fiefs et arrière-fiefs est difficile à comparer avec nos frontières administratives actuelles. Il semble néanmoins que les comtes de Champagne cèdent la plupart des terres relevant de Betz et d’autres lieux aux seigneurs de Crépy. Ce n’est pas le cas de Macquelines. Selon l’historien Louis Carolus-Barré dans « Le Comté de Valois jusqu’à l’avènement de Philippe de Valois au trône de France », Philippe d’Alsace (1143 – 1191) a distribué des fiefs du Valois à des seigneurs flamands. L’un d’eux, Daniel de Malines aurait donné son nom au fief de Macquelines. Malines est le nom français d’une ville des Flandres belges. Malines s’écrit aussi Masquelines, Maskelines, Machline, Masgline ou Maclines.

 

 

Les grandes dynasties des seigneurs de Betz qui se succèdent à partir du 15e siècle jusqu’à la Révolution, influencent non seulement la vie de la paroisse mais jouent aussi un rôle dans les couloirs du pouvoir central et parfois en son sein même à Paris. C’est le cas des Romain, Autry, Gayardon, Lallemant. Les deux derniers seigneurs de Betz -qui d’ailleurs sont des femmes- la présidente Legendre et la princesse de Monaco, sont aussi des personnalités d’envergure nationale, voire internationale pour la princesse. De fait, les premiers cités, ayant acquis des charges importantes telles que secrétaire du roi ou fermier général, sont vraisemblablement peu présents à Betz. Mais du personnel local ou en tout cas résidant sur place est employé en nombre : jardiniers, concierges, postiers, intendants, chapelains, postillon, gardes particuliers, gardes chasse et autres personnels de maison.Le château de Betz aurait été, au 18e siècle, « l’un des plus beaux du royaume » selon l’abbé Gross dans sa Notice sur Lévignen.

 

A Betz, comme ailleurs, la Révolution sonne la fin du régime seigneurial et la fin de l’organisation territoriale en paroisses, diocèses et évêchés. Les cantons sont créés en 1790 en même temps que les départements et mis en place en 1791. La commune de Betz est alors comprise dans le canton de Thury-en-Valois. Les cantons de Thury-en-Valois et d’Acy-en-Multien sont supprimés en 1801. Un nouveau canton est créé autour de Betz comprenant 27 communes dont deux qui ont été supprimées depuis : Macquelines (rattachée à Betz) et Fulaines (rattachée à Mareuil-sur-Ourcq). C’est un avantage indéniable d’être chef-lieu. Ceci explique que rivalités, jalousies et rancœurs sont tenaces entre Betz et Acy, voire avec Thury, dans une moindre mesure. La réforme territoriale de 2014 a mis tout le monde d’accord en supprimant le canton de Betz dont les communes sont dorénavant rattachées au canton de Nanteuil-le-Haudouin.

 

Le bâtiment de la mairie actuelle a été construit en 1848. A l’aube du 20e siècle, Betz compte 638 habitants. On y recense une soixantaine de commerçants, artisans et professions libérales. C’est le chef-lieu de canton. On y trouve donc plusieurs services : une justice de Paix, une gendarmerie, la perception des Finances, le chemin de fer et un bureau des Postes et Télégraphes qui est ouvert « en été de 7 heures du matin, hiver 8 heures, jusque midi et de 2 heures à 7 heures du soir ; les dimanches de 7 heures à 10 heures et de midi à 3 heures ». La cabine téléphonique est ouverte aux mêmes heures. En 1900, en plus de la cabine téléphonique publique, on trouve 3 abonnés au téléphone à Betz : Roblin le maire et propriétaire du château, le notaire Mézière et Audrain, entrepreneur, jardinier et maraîcher.

 

Pendant le mandat de maire d’André Roblin, c’est l’arrivée du chemin de fer à Betz. Les consultations débutent en 1879, la commune de Betz promet une participation de 15.000 francs au projet. C’est le montant le plus important de toutes les communes concernées. Les travaux commencent en 1892 et se poursuivent jusqu’en 1894. La gare de Betz est construite à cette époque. Le 2 septembre 1894, marque l’ouverture de la ligne Ormoy-Villers-Mareuil-sur-Ourcq pour la campagne betteravière. Elle met en contact les lignes Paris–Laon du réseau du Nord à celle de Paris-La Ferté-Milon–Reims du réseau Est. Le coût de cette ligne est de 4.727.718 francs-or. Désaffectée à la fin du 20e siècle, la ligne est aménagée en voie verte en 2017.

 

Arrivée à Betz au début du 20e siècle, Mme Marguerite Vincent a fait construire le château, propriété actuelle du roi du Maroc. La construction du Manoir de la côte fleurie comme elle avait choisi de le dénommer, est à peine terminée lorsque la guerre de 1914 est déclarée. Le 1er septembre, les Anglais sont à Betz. Deux heures après leur départ, les premières patrouilles allemandes arrivent. La bataille de l’Ourcq ou 1ère bataille de la Marne, avec notamment l’épisode des fameux taxis, se déroule à proximité immédiate de Betz du 1er au 13 septembre 1914. Betz subit de nombreuses destructions. Les dommages de guerre pour les seuls bâtiments communaux s’élèvent à 14.695,62 francs. Outre des indemnités, la commune de Betz reçoit la Croix de guerre 1914-1918, décoration militaire attribuée pour récompenser l’octroi d’une citation par le commandement militaire pour conduite exceptionnelle. La médaille est enfermée dans une petite vitrine dans la salle de la mairie.

 

De septembre 1939 au printemps 1940, ont été réalisés sur la commune de Betz, cinq emplacements bétonnés pour canon AC (antichar) 25 mm, quatre pour mitrailleuses, un emplacement pour canon de marine à l’air libre, 3000 m de fossés antichar faisant partie de la ligne de défense de Paris dite « ligne Chauvineau ». La plupart sont encore visibles. Quatre ont été détruits et l’un d’entre eux fortement ébranlé par l’explosion de munitions allemandes par les Américains en 1944.

 

 

C’est le 7ème US Corps du général Collins qui, le premier pénètre dans le département de l’Oise et en particulier dans son extrémité sud orientale. Dans ce 7ème US Corps, la 3è Division blindée du brigadier général Maurice Rose (qui la commande depuis le 7 Août en remplacement du général Leroy H.Watson) entre dans les communes du canton en ce petit matin du 28 Août 1944. Dans la matinée le Combat Command (ou C.C. « B ») du brigadier-général Truman E. Boudinot traverse le coin sud-est de l’Oise, s’emparant de Betz et Vaumoise avant de filer plus à l’est sur Villers-Cotterêts, bientôt suivie par des éléments de la 1 D.I. U.S. (« The Big Red One »). Ceux-ci dirigés par le général Huebner s’installent au sud-est de Betz. Suivant les tanks à quelque distance, les 1 et 9 D.I. U.S. viennent occuper les arrières et les flancs du front américain. L’action a été rapide car aucun élément allemand n’est venu s’interposer.

 

Jusqu’à la fin des années 1950, l’on danse beaucoup lors de la fête communale installée place de l’église : le samedi et le dimanche soir, bien sûr, en attendant le traditionnel bal des cocus le mardi soir. Pourquoi un bal des cocus ? les anciens ne se souviennent pas ou font mine de ne pas savoir … peut-être faut-il rapprocher cette tradition de celle d’Atréchy dans l’Essonne où la dernière journée de la fête annuelle avait lieu le défilé des cocus. Les hommes mariés de la ville traversaient les rues, musique en tête, derrière une bannière portant l’inscription “Honni soit qui mal y pense”. La manifestation, qui donnait lieu à toutes sortes de plaisanteries, était suivie, le soir, par le Bal des cocus, au cours duquel les hommes mariés étaient invités à se venger des infidélités dont ils avaient pu être éventuellement victimes. C’est en 1971 que le roi du Maroc, Hassan II, acquiert le parc et le château de Betz. Depuis cette date, il n’est plus possible de visiter le parc. Certains monuments datant de la princesse de Monaco peuvent néanmoins être aperçus de l’extérieur, comme la vieille tour se confondant avec la cime des arbres ou le temple à l’Amitié, au détour de la route de Nanteuil, quand la végétation est moins dense.

 

Micro patrimoine de BETZ

 

  • Les plaques de cocher

Plaque de cocher à BETZElles font partie du petit patrimoine de nos villages et pourtant, nous passons sans cesse devant elles sans les apercevoir. Solidement accrochées aux façades de ce qui étaient alors les  premières maisons de la commune, les plaques de cocher sont un souvenir du temps où la route était fréquentée par de puissantes diligences, dont le crissement des roues cerclées de fer conjugué au claquement des sabots ferrés des équipages, rythmaient la vie de nos villages.

La commune de Betz en possède encore trois dont deux ont été restaurées par des amateurs éclairés de mobilier urbain ancien.  Lire la suite…